Mon parcours raconté par La Dépêche : de la tétraplégie à la défense des victimes
Le 17 septembre 2026, La Dépêche du Midi m'a consacré un portrait. Le journaliste y retrace l'accident qui a bouleversé ma vie et la manière dont il a orienté mon métier d'avocat vers la défense des victimes d'accidents graves. Je remercie la rédaction pour cet article, que vous pouvez lire en intégralité sur le site du journal.
Un accident qui a tout changé
En 2006, j'avais 32 ans et ma carrière d'avocat prenait son essor. Une vague, sur une plage du Cap-Ferret, m'a laissé instantanément paralysé, la tête dans l'eau. C'est un ami qui m'a ramené sur le sable. Depuis ce jour, je suis tétraplégique.
Les premiers temps ont été les plus durs. J'avais perdu mon autonomie, ma vie de couple, mon logement, et je ne connaissais personne qui ait traversé la même épreuve. Impossible de me projeter. Un tel coup du sort, on ne l'accepte jamais vraiment : on apprend à vivre avec, sans mode d'emploi.
Transformer l'épreuve en engagement
Avec le temps, les idées noires ont laissé place à une conviction : mon expérience devait servir à d'autres. Le désir d'aider, qui m'avait conduit à prêter serment en 2001, a pris un sens nouveau. J'ai décidé de consacrer mon activité exclusivement aux victimes d'accidents et de dommages corporels, et de ne jamais défendre les assureurs.
Depuis mon cabinet de Saint-Sylvestre-sur-Lot, j'accompagne des personnes dont la vie doit être entièrement repensée après un accident de la circulation, une erreur médicale ou un accident de la vie. Mon objectif est d'obtenir la réparation intégrale de leurs préjudices, à l'amiable lorsque c'est possible, devant les tribunaux lorsque l'assureur ne formule pas une offre à la hauteur.
Mon rôle aux côtés des victimes
J'interviens à chaque étape de la procédure d'indemnisation :
l'assistance lors de l'expertise médicale, moment décisif où sont évaluées les séquelles ;
la réunion des justificatifs qui établissent le lien entre l'accident et chacune de ses conséquences ;
le chiffrage précis de chaque poste de préjudice, selon la nomenclature Dintilhac ;
le recours, si nécessaire, à un ergothérapeute ou à un architecte pour évaluer l'aménagement du logement et les besoins du quotidien ;
la négociation avec l'assureur et, à défaut d'accord, la saisine du juge.
Je prends en charge la partie administrative et procédurale du dossier, afin que mes clients puissent se consacrer à leur rétablissement et à leurs proches.
Trois erreurs à éviter
J'ai appris de l'intérieur les rouages de l'indemnisation : je connais les besoins, les frais et les difficultés qu'affronte une victime. Trop souvent, elle se contente d'une indemnisation très inférieure à ce qui lui est dû. Mes conseils :
Se faire assister dès la première expertise médicale : c'est là que tout se joue.
Ne rien signer dans la précipitation. Après un accident de la circulation, la victime ne dispose que de quinze jours pour dénoncer la transaction conclue avec l'assureur ; passé ce délai, il est en principe trop tard pour revenir sur une indemnisation insuffisante.
S'adresser à des professionnels qui maîtrisent réellement le droit du dommage corporel, plutôt que de se fier aux informations glanées sur Internet.
Dix ans de procédure pour un enfant
L'article évoque l'un des dossiers qui m'ont le plus marqué : celui d'un enfant devenu paraplégique à 9 ans à la suite d'un accident de la circulation. L'assureur lui refusait tout droit à indemnisation. Il a fallu dix ans de procédure, jusque devant la Cour de cassation, pour que ce droit soit enfin reconnu.
Redonner espoir
En partageant mon histoire, je souhaite montrer qu'une vie personnelle et professionnelle reste possible après un accident grave, avec un projet adapté à chaque situation. J'aime la lecture et la musique, mais j'ai besoin de me sentir utile : être présent pour mes clients et obtenir pour eux des résultats concrets, c'est ce qui donne son sens à mon travail.
Vous êtes victime d'un accident, ou l'un de vos proches ? Ne restez pas seul face aux médecins, assureurs, renseignez-vous et faites valoir vos droits.